Cellule Mire : Le HK MP5 K


Petit retour sur une arme mythique de la fin des années 80 : le HK MP5 K.

Notre élégant petit PM ne veut décidément pas prendre sa retraite et est encore décliné au sein des services spécialisés avec ou sans crosse pliante latéralement (version PDW, Personal Defense Weapon), même s’il a connu un sérieux coup de frein avec l’adoption du FN P 90 en 5,7 x 28 qui se présentait comme le concurrent idéal puis ensuite le HK MP 7 en 4,7 x 30 qui est candidat à sa propre succession.

Le principal reproche que l’on fait à cette catégorie d’armes, c’est la faiblesse relative de la munition de 9 mm Parabellum, aujourd ‘ hui, face à des adversaires de plus en plus équipés de protections balistiques.

Le canon du HK MP5 K est le plus court de sa catégorie, 115 mm, c’est la longueur d’un canon de Glock 17.

C’est à dire que malgré un tel encombrement et poids, vous n’avez finalement le même rendu balistique, à un cheveu prés, que celui d’un simple pistolet de 9 mm Parabellum au canon standard.

C’est un reproche fréquent fait à cette arme.

On pourra toujours répondre que sa vocation n’est pas le feu à 100 mètres comme cela est encore préconisé avec la Mini UZI à la crosse pliante et au canon de 16 cm, mais la défense personnelle à des distances qui sont celles de l’usage de l’arme de poing.

Notre HK MP 5 K reprend le mode de fonctionnement des PM de sa famille ; c’est à dire l’ouverture retardée par galets latéraux, avec tir à culasse fermée, qui offre un confort incomparable par rapport aux PM tirant à culasse ouverte comme une Mini UZI standard.

L’ensemble canon / boîte de culasse n’est pas démontable par l’utilisateur, et ce qui pourrait être pris pour un tube d’emprunt des gaz est en fait le canal du levier d’armement.

Notons à ce niveau le levier d’armement très ergonomique mais fixé à sa pièce de manœuvre par une goupille.

Il semble que cette partie, particulièrement exposée aux chocs, soit un peu fragile en conditions extrêmes. Il y a eu des déformations, voire des casses à ce niveau sur des exemplaires ayant beaucoup vécu.

Une autre critique aussi est l’obturateur arrière de la boîte de culasse réalisé en matériau synthétique.

C’est sur lui que porte l’arrière du ressort récupérateur, il absorbe l’énergie résiduelle en fin de course de l’ensemble mobile.

Les deux axes à travers lesquelles passent deux goupilles de maintien gagneraient à être renforcées car nous avons rencontrés des problèmes de jeux excessifs à ce niveau lorsque les PM ont connu de nombreuses années de terrain.

La même pièce en acier serait idéale.

Les blocs poignée pistolet / mécanisme de percussion sont interchangeables à volonté. Là c’est par contre une véritable aubaine puisque l’utilisateur peut passer d’une platine uniquement semi auto à une platine sélective, voire même dotée d’un limitateur de rafales en quelques secondes, grâce au système de fixation par clips.

Ce bloc poignée est identique sur toute la gamme MP5.

Une manière intelligente de gérer l’intendance des pièces.

La platine mécanique est réalisée à partie de tôle emboutie, pliée ou soudée, seul le chien est en acier usiné pour une meilleure longévité.

Cela dérange un peu au démontage mais il faut avoir à l’esprit que ces pièces ne subissent pas de contraintes mécaniques importantes, et ne connaissent pas de problèmes d’usure particuliers.

La poignée avant, caractéristique de ce modèle permet une tenue sans efforts de l’arme.

Le problème est de savoir comment tenir l’arme lors de son utilisation.

La technique la plus classique car la plus enseignée est de monter le PM à la hauteur des yeux, pour un tireur droitier, la main gauche pousse la poignée antérieure en avant tandis que celle qui presse la détente tire la poignée arrière vers l’arrière, comme si on voulait « écarteler » le PM.

Cette tension permet une relative stabilité lors du tir full auto et facilite le pointage de l’ensemble.

En semi auto, le poids du PM (2 kg vide) permet de tenir l’arme nettement moins fermement, les bras peuvent être pliés sans soucis, le relèvement est très faible.

La longueur de l’arme n’est que de 32,5 cm, et la cadence atteint 90 c/mn, il est important de bien stabiliser l’arme au moment d’ouvrir le feu.

En progression en milieu clos, là où il est impossible d’avancer le PM au bout des bras tendus en avant pour d’évidentes raisons tactiques, l’arme était ramenée le plus près possible du corps avec le bloc arrière calé contre la poitrine, le PM bien horizontal une dizaine de cm sous le menton et faisait ainsi bloc avec le torse lorsque l’on pivotait d’un côté ou de l’autre.

Cela se faisait sans protection balistique, ce qui explique que c’était très « confortable » , mais d’une manière ou d’une autre , pensez à ce que ce PM soit toujours bien « calé » avant toute ouverture du feu en full auto , sinon il sera rapidement incontrôlable dès la 3è ou 4è cartouche et le reste du chargeur ira se perdre dans le « collatéral ».

De toute manière, seules les courtes rafales ont un intérêt, les rafales d’un seul chargeur n ont comme utilité qu’un énorme impact psychologique sur l’adversaire avec le danger de se retrouver en rupture de munitions au mauvais moment, ou avec un PM surchauffé.

Le HK MP5 est une arme magnifique qui est très fiable et donne toutes satisfactions dans les limites de sa munition.

Cependant, comme toute la gamme des HK MP5, il exige un entretien constant et les plus grands soins de leurs utilisateurs.

Si c’est pour crapahuter en Afrique et le jeter au fond de la P4 comme un furieux à chaque embarquement, prenez plutôt une Uzi, vous serez moins ennuyé.

Mais par contre, en usage urbain, dans un cadre « propre » avec un usage limité dans le temps (la durée d’un assaut), les MP5 écrasent la concurrence sans états d’âmes.

Je ne résiste pas à vous remettre la photo du HK MP5 K dans sa mallette de transport et de dissimulation, avec la détente aménagée dans la poignée de transport, nous avions réalisé un article dessus et je vous invite à vous y reporter car la légende et le cinéma ne correspondent pas toujours, et même rarement, à la réalité du terrain.

Caractéristiques : 

  • Type : semi-automatique (rafale de trois coups KA4, KA5), automatique
  • Munitions : 9 mm Parabellum
  • Fabricant : Heckler & Koch
  • Période d’utilisation : 1976
  • Masse (non chargé) : 2 kg
  • Masse (chargé) : 2,3 kg (15 coups) / 2,53 kg (30 coups)
  • Longueur(s) A1 : 325 mm
  • Longueur du canon : 115 mm
  • Portée pratique : 200 mètres
  • Cadence de tir : 900 coups par minute
  • Vitesse initiale : 450 m/s
  • Capacité : 15, 30 et 2 x 30 coups

Previous La négation de l'ennemi, par Julien FREUND
Next HISTOIRE : Chronique culturelle du 11 décembre

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*